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Décembre

Mars - Avril 2011 | Page précédente

Exposition

Du 4 mars au 16 mars 2011
If you could be that guy instead of me !
Enrico Bertelli

Vernissage de l'exposition le jeudi 3 mars 2011
18h00 - 21h00

La Fondation suisse / Pavillon Le Corbusier accueille IF I COULD BE THAT GUY INSTEAD OF ME !, une proposition de l'artiste italien Enrico BERTELLI, du 4 mars au 10 avril 2011.

Enrico BERTELLI vit et travaille à Livorno en Italie. Après des études scientifiques, il commence à travailler, au début des années 80, comme illustrateur pour des maisons d’édition et des ateliers de bande dessinée. Sa première exposition personnelle date de 1992 à la Galleria Peccolo de Livorno. Plus récemment, il fait l’objet d’une rétrospective à la Westend Galerie de Francfort en 2009 et a montré son travail dans une exposition collective à Rome en janvier 2011.
www.enricobertelli.com

IF I COULD BE THAT GUY INSTEAD OF ME !

J’ai réfléchi pendant deux jours au titre qu’Enrico Bertelli a choisi pour son exposition parisienne. Selon l’artiste, il y avait une alternative : en effet il y a toujours une alternative !

Plus je réfléchissais à la première intuition, plus il me semblait qu’elle était simplement adéquate. Une phrase tirée du texte d’une chanson des Eels, “That Look You Give That Guy”. Hormis le renvoi musical, ce titre est une parfaite référence à la recherche qu’Enrico mène depuis des années et, tout particulièrement pour une exposition reçue au Pavillon suisse, le rappel à “ce garçon” ne peut être que Le Corbusier. Bien que la Fondation suisse puisse apparaître un “musée qui consacre”, son identité est surtout, depuis son édification au début des années trente, celle d’un lieu où l’on habite.

Comme toujours dans le parcours artistique d’Enrico Bertelli, le protagoniste de sa recherche créative semble être, et c’est à nouveau le cas dans ce lieu fascinant, l’échange minimal, le remplacement essentiel, l’illusion quotidienne d’une vision et, par conséquent, d’une histoire différente. L’exploration du deuxième degré est fondamentale lorsque l’on veut aborder le travail d’Enrico Bertelli. Dans ce cas-là, il s’agit de la possibilité hypothétique - mais réelle - de se substituer à un grand maître, un grand architecte, mais pas seulement. Enrico Bertelli essaie de montrer, ici également, la possibilité d’une élimination visuelle, d’une erreur apparente de perception. Au travers de ses interventions à différents emplacements du Pavillon suisse, il choisit de créer des anomalies visuelles minimales, de petits malentendus apparents d’un espace réel, que constitue le milieu architectural signé par “ce garçon”. Il s’agit d’établir un dialogue, un besoin de comparaison qui est déclaré et géré par l’artiste toscan comme si c’était un dérangement amusant, jamais irrévérencieux. L’espace originel du Salon courbe se transforme, d’un geste minimal, par l’utilisation de rubans adhésifs noirs étendus et collés, apparemment sans attention, au sol et aux vitres de l’une des parois intérieures en verre. Il ne s’agit pas d’empaquetages ou de montages inoffensifs ainsi que le matériel et son emploi quotidien pourraient le laisser envisager mais plutôt de lignes de sens qui, touches assurées et contractées, dessinent des visions alternatives du réel et de son espace. Tout cela apparaît clairement dans le “jeu” qu’Enrico Bertelli réussit à créer sur la baie de la fenêtre de la chambre témoin, où l’exposition se poursuit, dans le dialogue - paradoxe d’un hasard intensément souhaité - avec l’édification visuelle des couleurs intérieures sur l’extérieur, pensée par Le Corbusier.

C’est comme si nous assistions à la première phase d’une intervention d’art (dont le final reste à suivre), à un projet d’intention que l’artiste n’a pas voulu continuer ni conclure. La tâche de comprendre la solution et l’exhaustivité du regard sur l’œuvre est ainsi laissée au spectateur. Depuis toujours, Enrico Bertelli a déconcerté avec un “jeu de cartes” rapide et amusant : de la série des photographies ratées et éliminées en phase de développement aux déchets des toiles peintes, des résines tâchées aux compositions de confettis. Le protagoniste central de la mise en scène artistique est l’erreur, l’objet d’habitude non éclairé, caché, dissimulé, indifférent à nos yeux. Je me souviens d’un vers d’une autre chanson, italienne cette fois, qui en est la parfaite illustration : il relatait “un instant photographié puis perdu sans savoir comment aurait été sa photographie”. C’est cet instant qui est recherché, vu et trouvé par Enrico Bertelli.

Texte : Paola Noè, traduit de l’italien par Simona Saffioti


L’entrée est libre et gratuite de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h00

 

 

 

 

             

 

 

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Réalisation
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